3 Leçons de Ma Femme, Elina

Quand j’ai commencé ce blog, j’ai dit que j’essayerais de ne pas être un donneur de leçons mais plutôt celui qui les reçois. Je pense que la manière dont je perçois les choses à l’heure actuelle est la preuve que tout le monde a quelque chose à m’apprendre. Donc j’aimerais vous partager quelques petites choses de la part de personnes que je connais ou que j’admire. C’est le cas avec ma femme Elina Svitolina, qui remplit les deux cases. 😉

1. L’importance de prendre position

C’est tentant de ne pas prendre parti et de rester neutre et de n’offenser personne. Dans certains cas, c’est la décision la plus sage à prendre. Mais parfois, quand cela compte beaucoup pour soi, prendre position est la chose la plus puissante que vous puissiez faire pour vous-même. Rester ferme sur vos décisions vous expose définitivement à la critique mais au final, cela donne un sentiment d’intégrité et d’alignement avec soi-même. C’est une leçon de courage que j’admire beaucoup.

2. Séparer vos combats de vous-même

De la maternité à nos comebacks respectifs, tout en gérant sa vie publique, tout en ayant sa connexion personnelle face à la situation en Ukraine, Elina a su me montrer l’art de compartimenter sans sur-identifier. Son habileté à garder la tête froide dans ce chaos est incroyable. D’un côté j’essaie d’appliquer ça à ma propre vie : si quelqu’un critique mon jeu, ou écrit des propos haineux sur les réseaux sociaux, ça me passe au-dessus. Je me dis : “It’s not about me.” C’est si simple, mais ça désamorce.

3. La responsabilité peut être aussi gratifiante que le risque.

Surtout pendant ma période de récupération et la première année avec notre fille, Elina m’a montré que « ralentir » ne veut pas dire « manquer ». J’ai appris que lorsqu’on fait une tâche avec assez d’attention, même les choses les plus ennuyantes, les tâches quotidiennes par exemple, deviennent gratifiantes. En tant que joueur, mari et père, j’en viens à la conclusion qu’être responsable n’est pas juste important mais aussi plutôt cool 😃

Love you, Elina.

Until next time,
Gaël

Les news de Gaël

I’m back.

Roland Garros 2023. © AFP – Anne-Christine Poujoulat

Ça fait du bien d’être de retour. Vraiment !

La dernière fois que je vous ai écrit, je ne vais pas vous mentir… je n’étais pas bien. J’étais sur le point de faire mon comeback, mon GRAND comeback et comme on le sait bien, parfois tout ne se passe pas comme prévu.

Pour ceux d’entre vous qui ont suivi mes premiers matchs aux Etats-Unis, vous savez que les choses ont été un peu compliquées. J’ai perdu à plusieurs reprises, enchaîné les défaites mais je restais focus sur ma devise « on to the next one ».

Malgré tous ces mois à attendre pour jouer, je me sentais plus que mal.

J’aimerais vous dire que tout s’est amélioré après ça…

Malheureusement non. À Miami, un nouveau hic. Je me blesse à la main. Encore. Résultat : une grosse baisse de morale. Mais il fallait bien que je me prépare pour mon tournoi préféré : Roland Garros. Donc une petite injection à la main et me voici de retour.

J’ai essayé de reprendre confiance en moi tout au long de la série des tournois de catégorie inférieur (challengers).

Résultats ? Défaites, défaites, défaites : vous ne pouvez même pas imaginer ma frustration.

A un moment donné avec toutes ces péripéties, j’ai dû faire une introspection et réfléchir à ce qui fonctionnait ou pas. Mentalement, j’étais d’attaque, motivé, remonté à bloc. Physiquement et tennistiquement, ça ne suivait pas. Après une longue réflexion, j’ai dû faire un choix : changer toute mon équipe.

Une décision difficile à prendre comme vous pouvez l’imaginer ; que ce soit au niveau professionnel que personnel. Et dans mon cas, c’était les deux.

Je tiens aussi à souligner quelque chose de très important : ce n’est pas que mon équipe précédente n’était pas bonne. Je crois qu’il n’existe pas de « meilleure équipe » au sens absolu du terme ; seulement « la meilleure équipe pour où vous en êtes en ce moment. »

J’étais à un moment de ma carrière où tout ce qui fonctionnait avant ne fonctionnait plus maintenant. Et comme beaucoup d’entre vous, en tant que chefs d’entreprises le comprendront : La stagnation appelle à un changement radical.

Vous pouvez voir ça comme un rebranding, si vous voulez.

Souvent, vous avez besoin d’un point de vue extérieur pour voir vos angles morts, pour voir les nouvelles opportunités, pour vraiment faire bouger les choses. J’avais besoin d’un nouveau concept pour ma récupération, de nouvelles méthodes, d’un nouveau système.

Avant Roland Garros, j’ai fait une longue préparation (épaulé pas par un, mais 2 coachs).

Notre premier tournoi ensemble, nous avons perdu dès le premier tour… mais bon sang, qu’est-ce-que c’était bien car j’ai réussi à avoir de meilleures sensations. Même si on n’y était pas vraiment, je sentais déjà qu’on progressait. Je me suis dit « Ok, Wow, on fait vraiment du bon travail. On est sur la bonne voie ! »

Et puis : Roland Garros. Mon terrain de jeu, mon tournoi préféré. En plus c’était la première fois que je partais en tournoi avec ma fille.

Peut-être que vous l’avez vu en live. Mais pour ceux qui n’ont pas eu la chance de voir, j’affrontais Sebastian Baez — un sacré joueur.

Le match commence, et ça ne sentait pas bon pour moi. On s’approchait de 4 heures de jeu. J’étais mené au 5eme set et je commençais à avoir d’énormes crampes. Un commentateur a même dit que j’étais « mort et enterré ».

Et là d’un coup… la foule s’emballe. Le public crie, m’encourage.

C’est magique, c’est électrique.

A ce moment-là, j’ai ressenti une montée d’énergie qui m’a poussé à jouer un des matchs les plus incroyables de ma vie. Après des mois d’échec, de découragement, de blessures physiques… Vous ne pouvez pas imaginer ce que la victoire de ce match signifie pour moi. J’ai pleuré. C’était juste irréel.

Jusqu’au lendemain, quand je me suis blessé au poignet et que j’ai dû prendre la terrible décision de me retirer de Roland Garros. Ce métier n’est rien d’autre qu’une succession de hauts et de bas. Mais malgré tout, ma femme Elina s’est bien démenée à Roland Garros jusqu’à la fin et j’étais très fier de la soutenir.

Une fois à la maison, j’ai réfléchi et je me suis demandé : Est-ce-que c’est vraiment fait pour moi ? Est-ce-que ça va s’arrêter comme ça ? En revisionnant le match contre Baez, j’ai repris mes esprits et le courage est revenu et la réponse était claire : pas question. Je ne peux pas abandonner maintenant.

Avec mon poignet blessé, je ne pouvais pas jouer mais je pouvais courir. Donc c’est ce que j’ai fait : je me suis entrainé comme pas possible. J’étais acharné, j’avais la niaque. Je regardais Elina jouer des matchs incroyables à Wimbledon et ça m’a encore plus boosté.

La victoire à Roland Garros, Elina, ma nouvelle équipe, ma fille… Toutes ces choses combinées m’ont donné l’énergie nécessaire pour la tournée américaine. Non pas seulement pour jouer mais pour gagner.

Match après match, je me sentais plus confiant. Ce n’était pas non plus tout rose mais j’ai réussi à avancer et remporter des victoires cruciales.

L’importance de ces victoires s’est manifestée, il y a deux semaines à Stockholm quand j’ai gagné mon 12ème titre ATP, exactement 12 ans après avoir gagné ce titre pour la première fois. C’est peut-être une coïncidence pour vous mais pour moi c’était un signe qui me montrait que j’allais dans la bonne direction.

Une semaine plus tard, j’ai joué et perdu au Paris Masters.

Mais ce n’est pas si grave, car j’ai déjà repris confiance en moi.

En résumé, cette année fut comme être dans un rollercoaster, des hauts et des bas. En cette fin d’année, je me sens bien. Les épreuves de ces six premiers mois ont rendu les victoires encore plus savoureuses. Avec mon équipe, on a vraiment bossé dur et ça me fait plaisir de voir que ce travail a porté ses fruits.

Aujourd’hui, je suis de retour dans le Top 100. Je me sens bien mentalement et physiquement. Et j’ai hâte de fixer de nouveaux objectifs pour l’année prochaine, de donner mon maximum dans ma pré-saison, de commencer 2024 de la bonne façon et de vous partager la suite de mes aventures.

Until next time,

Gaël

Les news de Gaël

Ask me anything

La semaine dernière, j’ai demandé à mes abonnés LinkedIn s’ils avaient des questions à me poser : voici mes réponses à quelques-unes.

Si tu devais t’appuyer sur ton formidable vécu de champion afin de donner un seul conseil à un chef d’entreprise, quel serait-il ? 

Faites du recrutement votre priorité absolue. Entourez-vous des bonnes personnes, car votre équipe est, et sera, la base de tout. 

Et quand je dis “bonnes personnes”, je ne pense pas nécessairement à des stars ou des personnalités imposantes. 

Pour ma part, quand j’embauche quelqu’un dans ma propre équipe, j’essaie d’évaluer notre future collaboration sous le prisme de la délégation : est-ce que *cette* personne est celle en qui je pourrai avoir le plus confiance pour *cette* mission ? 

Le CV n’a jamais été déterminant. Il faut se rencontrer, prendre du temps, échanger vraiment : c’est seulement à cette condition qu’on sait si on est sur la même longueur d’ondes.

Un autre conseil (que j’essaie d’appliquer) : « mieux vaut passer du temps à développer ses points forts qu’à corriger ses faiblesses. »

Y a-t-il des choses que tu aurais dû faire différemment dans ta carrière pour aller chercher le fameux titre en GC ?

Je sais que ce n’est pas la réponse que vous attendez, mais… malheureusement, non ! 

La vérité, c’est que si j’avais dû gagner un Grand Chelem, ce serait déjà arrivé.

Je suis fier de ce que j’ai accompli jusque-là en tant que joueur, certains me qualifient de “star du tennis” – et même si j’aime à penser que c’est vrai, il y a sans doute les stars d’un côté, et puis les légendes de l’autre (vous connaissez leurs noms). 

On vit dans un monde obsédé par le “potentiel” et le coup d’après. Je comprends tout à fait. Mais il y a aussi quelque chose à dire sur le fait d’être heureux là où on est.

Quels conseils donner à un jeune qui aimerait faire carrière dans le tennis en tant qu’entraîneur / coach ?

Soyez passionnés ! Un entraîneur passionné, c’est quelqu’un qu’on a envie d’écouter et de suivre. Travaillez votre patience et votre tolérance aussi – elles vous aideront à comprendre les besoins spécifiques des athlètes que vous accompagnez. Parce qu’un bon entraîneur n’applique pas la même “recette” à tous, il fait du sur-mesure en s’adaptant à chacun.

Si tu n’avais pas été joueur de tennis professionnel, quel métier aurais-tu souhaité faire ?

Je crois que j’aurais aimé travailler dans la finance ou l’horlogerie. L’idée de travailler en équipe et de développer des relations étroites avec des clients et des collègues me plaît beaucoup.

Pourquoi les joueurs qui n’ont pas de GC n’ont pas forcément la reconnaissance qu’ils méritent ? 

C’est simple : parce qu’on a une idée beaucoup trop réductrice de ce qu’est le “succès”.

Quelle est ta plus grande peur ? 

Aaargh ! Je pense que c’est une peur assez répandue : que quelque chose de grave arrive à ma famille ou à mes proches.

Quel est ton rapport à la data dans le monde du tennis ? Es-tu plutôt un joueur d’instinct ou tu vas chercher à utiliser la data qui est à ta disposition ?

Je suis carrément attentif à la data ! La mienne, comme celle de mes adversaires. 

Les trajectoires, les pourcentages de premiers services, de balles au filet. 

Il paraît que la connaissance, c’est le pouvoir, nan ?

Until next time,

Gaël

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Les 4 sportifs qui m’inspirent

Tout le monde devrait avoir sa propre liste de héros ou d’héroïnes : des personnes qui vous aident à rêver grand, à voir plus loin ou qui vous ouvrent la voie. Moi, en tout cas, j’ai la mienne. Voici les 4 sportifs qui m’inspirent, sur le terrain et en dehors.

Arthur Ashe

Arthur Ashe, c’est un précurseur dans le tennis : le premier et seul joueur noir à avoir gagné Wimbledon, l’US Open et l’Open d’Australie. Je suis impressionné par tout ce qu’il a dû traverser pour y arriver, surtout qu’il a commencé à jouer dans les années 60 ! 

Ça a été hyper inspirant pour moi de voir quelqu’un qui me ressemblait battre tous les records. Des personnes comme Ashe rendent possible l’impossible et vous donnent envie de poursuivre vos rêves. En plus de ça, c’est lui qui a découvert Yannick Noah ! J’adore comment il utilise sa réussite pour aider les autres, y compris en dehors du court en tant que militant pour les droits civiques et activiste dans la lutte contre le VIH. What. A. Legend.

Michael Jordan

Comme beaucoup, j’ai grandi avec Michael Jordan : j’ai des souvenirs très précis de mon père qui le regarde à la télé. Il était passionné, il m’expliquait tout, c’était vraiment contagieux. Un des grands pouvoirs de Jordan, c’est qu’il fédère des gens de tous les horizons. En plus de son talent, j’ai toujours été complètement hypnotisé par son charisme, son humour et son sens du show : il m’a appris à ne pas avoir peur de montrer ma vraie personnalité.

Tony Parker

J’ai de la chance de pouvoir compter Tony parmi mes amis – mais il est aussi un vrai mentor pour moi. J’admire tellement la façon dont il s’est réinventé après sa carrière extraordinaire de basketteur : son mindset, c’est concrètement de ne jamais faire du sur-place et d’aller toujours de l’avant. “On to the next one” c’est ce que j’essaie d’appliquer à chaque revers et c’est clairement une phrase que je tiens de lui.

Quand je passe du temps avec lui, ça me donne envie de mille choses pour ma vie après le tennis. Bref, si jamais vous avez l’occasion de l’entendre parler, écoutez-le ! Il est brillant.

Thierry Henry

Pour moi, Thierry Henry, c’est THE footballeur. Sa carrière est tout simplement exceptionnelle. 

C’est le genre de joueur qui donne la chair de poule : sa vitesse, son talent, sa détermination, sa capacité à garder son sang-froid sous pression… Et ses buts de dingue ! Nan, franchement, il a littéralement changé la donne. 

Et toute sa carrière post-foot est super inspirante aussi (même si, de mon côté, j’aimerais plutôt m’orienter vers l’entrepreneuriat que vers le coaching). 

Je ne suis pas facilement impressionnable, mais à chaque fois que je vois Thierry, je me prends une claque.

Et vous, qui sont vos modèles et pourquoi ?

Until next time,

Gaël.

Les news de Gaël

L’art de demander de l’aide

J’ai besoin d’aide.
(Promis, c’est pas un spam.)

Et je crois qu’on en a tous besoin, nan ?

Pourtant, j’ai remarqué que la plupart des gens avait du mal à l’admettre – comme si demander de l’aide, c’était un aveu de faiblesse, ou le signe qu’on avait échoué à s’en sortir tout seul. Je vous donne un exemple : depuis que j’ai commencé à poster des articles ici et sur LinkedIn, je reçoit régulièrement des commentaires du genre :

“Haha, genre t’as écris ça tout seul, Gaël?” 
“Super post ! Dommage que ça ne vienne pas vraiment de lui.”
“Ok, Ok… c’est qui le CM qui nous parle, là ?”

Alors, désolé de vous décevoir les amis, mais : c’est vraiment moi ! 
Et c’est moi qui réponds à vos commentaires, aussi… 😉

En même temps, vous n’avez pas tout à fait tort non plus. Je ne fais pas tout, tout seul.

Une fois par semaine, je travaille avec une coach éditoriale qui m’aide à mettre de l’ordre dans mes idées, à m’exprimer de façon plus fluide et à trouver mon style à l’écrit.

“Ah ah. Donc TU ES AIDÉ !”
Bah, ouais. Et j’en ai pas honte ! 🙌🏿

Dans le tennis (et dans le milieu sportif en général), on réalise vite que si on ne s’entoure pas, on ira nulle part. Il y a une personne à vos côtés dans tous les aspects de votre vie, que ce soit pour la préparation physique, la préparation mentale, l’alimentation, etc.
Même les sponsors, en un sens, vous aident à dédier toute votre énergie à votre passion.

En gros, c’est comme une Formule 1 : vous, vous êtes le pilote et dans les stands, y’a toute une équipe qui optimise la voiture et met tout en œuvre pour que vous performiez.

Pour être un grand athlète, un bon prof, un super cuistot ou un chef d’entreprise, connaître vos points faibles, c’est la base. Et avoir l’humilité de demander de l’aide à celles ou ceux qui peuvent vous aider à combler vos lacunes, c’est une force.

D’autant que l’aide, elle vient de partout – même si vous ne vous en rendez pas toujours compte. Parents, amis, collaborateurs, partenaires : ça passe d’abord par leurs encouragements, un petit compliment ou du soutien quand vous êtes down.

L’aide, ça fait un bien fou.


N’ayez jamais peur d’en demander.

Until next time,
Gaël.

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Ma définition de la “réussite”

Est-ce que j’ai réussi ? Franchement, ça dépend à qui vous demandez.

Pour la plupart des gens, réussir, dans mon domaine, ça veut dire gagner un grand chelem ou un tournoi important. De ce point de vue, je n’ai pas réussi. Un potentiel gâché.

Tant pis.

Je pense que beaucoup de gens confondent “succès” avec titre, salaire, notoriété ou nombre de followers, etc. Mais il y a tellement d’exemples de PDG, de millionnaires et d’oscarisé.es en dépression que le succès se décrit d’une autre façon pour moi.

C’est un peu comme le luxe, chacun a sa définition. 

Pour certains, c’est avoir un million d’euros sur un compte en banque ou voyager dans les plus beaux hôtels du monde. 

Pour d’autres, c’est avoir un max de temps libre. Ou juste, s’offrir un bon resto.

Pour ma part, je mesure mon “succès” non pas en nombre de victoires, mais en fonction de ce que je ressens chaque jour.

Exemple : est-ce que je suis content de me lever le matin, de retrouver ma famille, d’entamer une nouvelle journée ? Check. ✅

Est-ce que je me sens épanoui avec ce que j’ai construit et ce que j’essaie d’entreprendre aujourd’hui ? Check. ✅

Est-ce que la petite flamme en moi est bien là pour accomplir ce que j’ai à faire ? Check. ✅

Tant que je réponds oui, j’ai l’impression de réussir.

Mesurer son succès à travers ses émotions plutôt que ses réalisations, c’est la meilleure manière, je crois (en tout cas pour moi).

Pourquoi ? Parce que ça permet d’accueillir les petits et les grands succès, selon les jours. D’accepter que la réussite change de forme en fonction des étapes de vie, de nos valeurs, de nos priorités.

Et vous ? C’est quoi votre définition du succès ? Et comment est-ce que vous le “sentez” ?

Until next time,

Gaël.

Les news de Gaël

À coeur ouvert.

Ça y est. Enfin. Le moment que j’attends depuis des mois.

Je vais bientôt participer à mon premier tournoi post-blessure (et mon premier tournoi en tant que papa !). Je suis hyper excité et dans une bonne énergie, j’essaye donc de me concentrer là-dessus. Mais je vais être honnête : j’ai aussi une petite angoisse.

C’est dur à admettre quand on est un athlète. On nous apprend à bien cacher nos peurs ou notre vulnérabilité, au cas où un adversaire aurait l’idée d’utiliser ça contre nous (tiens, d’ailleurs j’espère que mes adversaires me lisent pas sur ce blog… 😂)

S’il y a une chose que cette période loin de la compétition a conforté, c’est le fait d’être humble et en paix avec l’idée que je suis humain. Et c’est pas une faiblesse. (Je crois au contraire que c’est une grande force de savoir montrer cette part de soi plus souvent.)

Mais revenons-en à la compétition qui arrive : je suis TRÈS impatient de retrouver les courts, l’énergie du public, l’adrénaline, tout ce qui fait que j’aime et que j’aimerais toujours ce sport.

Mais, comme je le disais, l’appréhension est aussi au max. Est-ce que mon pied va tenir le choc ? Et s’il n’est pas tout à fait guéri et que je me blesse à nouveau ? Bien sûr, j’ai fait des matchs d’entraînement, mais l’intensité de l’entraînement et de la compétition n’aura jamais rien à voir. Et puis il y a cette petite partie (petite mais relou) qui stresse à l’idée de stresser : et si j’étais tellement stressé que j’en oubliais de me concentrer sur l’essentiel (gagner) ?

Dans ces moments là, tout ce qu’on peut faire c’est a) accepter que c’est le méga stress sans essayer de refouler ses émotions et b) se concentrer sur l’instant présent (probablement un conseil qui peut s’appliquer à d’autres domaines que le tennis.😉) J’ai aussi recours à la visualisation, pour me ramener à ce que je sais faire de mieux.

Un autre truc qui m’aide, c’est d’être souple avec mes objectifs. 
C’est “facile” de se dire “la prochaine fois, je dois faire encore mieux”. Qu’il serait impensable de viser autre chose. Avant de me blesser, mon but c’était d’être le meilleur ! D’atteindre mon meilleur classement ever ! De battre tous mes propres records ! Et même si c’est toujours le cas, il faut aussi savoir se donner le bon objectif pour aujourd’hui, là où vous en êtes, et avoir l’humilité de les ajuster à votre situation réelle.

Ma situation réelle à moi, c’est que je suis un athlète qui revient de blessure, et que je veux être bon sans me mettre en danger. Reconstruire ma confiance. Retrouver mon rythme. J’aurais pu vous raconter que je suis pas du tout anxieux et que je vais revenir dans le top 10 direct. Mais je crois que c’est plus intéressant de vous montrer l’envers du décor.

C’est ça le sport, c’est comme la vie : joie, douleurs, espoirs, déceptions, courage. On verra bien ! On se retrouve sur le court !

Until next time,
Gaël.

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Derrière le sportif, une (ma) petite entreprise

Vous pensez peut-être que mon métier principal c’est tennisman. 

Et bah non. En fait, je suis chef “d’entreprise”. 🤭

Allez, je vous explique : être sportif pro dans ma discipline, c’est vraiment un travail collectif.

Sur le terrain, oui, c’est vous qui marquez les points, donc vous êtes seul à être acclamé. 

Mais derrière vous, il y a toute une équipe. 

À mes côtés, par exemple : j’ai deux entraîneurs de tennis, un préparateur physique, un préparateur mental, un physiothérapeute, un community manager, un graphiste, un monteur vidéo, deux conseillères éditoriales, un agent et un assistant. 

Du coup, je suis un peu comme le “PDG d’une petite entreprise” ! 

Sauf que dans mon cas : c’est les employés qui me donnent des ordres, fixent mes objectifs et évaluent mes performances. 😂

Je pense que si le monde de l’entrepreneuriat m’intéresse autant, c’est en partie parce que j’ai l’impression que c’est déjà mon quotidien – à la fois en tant que manager et membre d’une équipe. 

En tant que “manager” : je gère les budgets, je définis les stratégies, je checke et valide un tas de contenus, j’encourage la créativité et je travaille sur mes propres compétences RH, en m’assurant que tout le monde est heureux dans ce qu’il fait…

Et puis, en même temps, je suis aussi la recrue de ma propre team : je me fie complètement à leur expertise, j’écoute leurs conseils, et je suis leurs instructions (oui coach, j’ai fait mes exercices !)

Pour moi, c’est ça une vraie collaboration.

J’ai le pied sur l’accélérateur, mais c’est mon équipe qui a les mains sur le volant. 

Et on se nourrit mutuellement. 

Et comme dans chaque organisation, on a aussi notre propre culture d’entreprise, nos propres valeurs. (En vrai, je ne les ai jamais définies explicitement, mais je dirais que ça repose sur une bonne énergie, une implication à 100% et beaucoup de franchise).

Quand je rencontre quelqu’un qui correspond à cette culture, je le sens direct. 

Certains appellent ça « la gestion des talents ». 

Moi j’appelle juste ça « sentir les gens ».🔥

Et quand une nouvelle personne rejoint l’équipe, on l’aide à s’intégrer un maximum en passant beaucoup de temps ensemble (dîners, entraînements, Uno, Backgammon, etc.😂)

Et puis, comme dans toute collaboration, parfois, il y a aussi des discussions difficiles. 

Mais même dans ces cas-là, ça reste enrichissant parce que j’apprends systématiquement quelque chose.

Ça y est, j’ai l’impression de parler comme un chef.😂

Qui sait, peut-être que mon avenir est dans le monde de l’entreprise ?! 😉

Until next time,

Gaël.

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Haters gonna hate

J’ai de la chance : je reçois beaucoup de soutien de mes fans et de ma communauté. Mais franchement, j’ai aussi pas mal de haters. 😂

Ça fait partie du taf, je sais. Encore plus aujourd’hui, avec les réseaux sociaux.

Dans mes DMs Insta, y’a plein d’insultes improbables, d’experts autoproclamés (qui m’expliquent à quel point mon jeu est nul) et aussi, hélas, un tas de messages racistes.

La plupart du temps, je ne regarde pas du tout mes DMs, sauf quand mon community manager me balance les commentaires les plus salés en screenshots (c’est moi qui lui ai demandé !). Il y a quelques mois, par exemple, un type disait que c’est en me regardant jouer qu’il était devenu raciste. Ouais, on est à ce niveau. Mais c’est quasi rien à côté de ce que ma femme Elina peut recevoir. C’est juste aberrant…

Evidemment, je fais la différence entre les “haters” et “ceux qui critiquent”. “Ceux qui critiquent”, ils m’intéressent. Leurs remarques sont souvent constructives, fondées et sans attaque perso. Elles peuvent aider à s’améliorer. 

Mais les haters, c’est juste de la violence gratos – et malheureusement, ils sont beaucoup plus nombreux que les autres.

Alors… vous voulez savoir comment je les gère ?

Bah… ça dépend ! En général, j’essaie de les ignorer et c’est assez facile : mes parents m’ont appris que l’avis des gens qui ne te connaissent pas n’a aucun intérêt. Je pense aussi qu’être noir dans le milieu où j’ai grandi, c’est être habitué à se sentir un peu mis à l’écart. Ou observé. Donc on apprend naturellement à faire abstraction du regard des autres.

Parfois, j’aime bien répondre à mes haters en mode calme et franc. Par exemple, si quelqu’un m’écrit : “Haha, quel gros looser !”, je réponds : “Ouais, l’autre joueur a été plus fort que moi.” Et vous savez quoi ? Je crois que ça les déstabilise tellement, que parfois j’ai des réponses du genre : “Ouais mec, c’est vrai… bonne chance pour la prochaine fois.” Et c’est tellement plus satisfaisant qu’un clash.

Au final, je préfère voir la chose de façon positive : quelqu’un qui perd son temps à me détester, et qui choisit d’en perdre encore en me le faisant savoir, c’est que je dois vraiment le fasciner ! 😂

Quoi qu’il arrive, haters gonna hate, comme on dit. 

C’est comme ça.

La meilleure réponse, c’est d’être soi-même et d’être heureux.

Until next time,

Gaël.

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Une journée-type

À quoi ressemble la journée-type d’un sportif qui prépare son retour ? Difficile de parler pour les autres, mais voilà à peu près la mienne. 

8h30 : je me lève tranquillement (pas de morning routine à 5h du mat’). J’ai la chance de ne pas avoir à me lever trop tôt, donc j’en profite. 

Le seul rituel matinal auquel je suis 100% fidèle, c’est passer du temps avec ma fille. Mes journées sont méga chargées, alors j’essaie de voler le plus de temps possible à ses côtés.

9h : Petit-déj’. Je fais évidemment attention à ce que je mange, mais pour ceux qui m’ont demandé le détail de mon régime ou mes secrets diététiques, désolé, je n’en ai aucun. Je mange à peu près ce que je veux, sans rien m’interdire. 🙂

10h : Première session d’entraînement. 

C’est parti pour deux heures : échauffement, vélo, exercices de mobilité et flexibilité, et renforcement musculaire.

12h : La pause dej’ est encore loin… J’embraye direct sur deux heures de tennis. Si vous voulez voir comment ça se passe, vous pouvez aller checker mes derniers vlogs 😉.

14h : Après quatre heures d’entraînement cumulées, une petite faim se fait sentir ! Encore une fois, je ne me soucie pas outre mesure de ce que je mange. Ma seule consigne = ne pas abuser… : j’ai encore deux heures de sport qui m’attendent en fin de journée.

15h-16h : Là, j’ai un petit créneau devant moi pour faire autre chose. Ça peut être travailler quelques tours de magie ou faire un zoom avec un contact LinkedIn. J’essaie de dire “oui” aussi souvent que possible pour ce genre de sollicitations (parce que je suis curieux et que j’adore découvrir et apprendre).

Évidemment, si Skaï est réveillée, je lâche tout pour aller jouer un peu avec elle. Mais les « Power Nap » : non merci ! Je suis hyperactif et ça me va très bien. 

16h : C’est l’heure du cardio, suivie d’une heure d’étirement avant de rejoindre Natho.

18h : Natho, alias Nathanaël, c’est mon physio. Il pratique aussi la médecine chinoise, c’est un mec au top. Il m’a accompagné pendant toute ma convalescence, je lui dois vraiment une partie de ma guérison. 

19h : Le reste de la soirée est presque toujours full (je suis hyperactif, je vous ai dit). 

Je dîne et je passe du temps avec Elina et notre fille. 

Après ça, je plonge dans mes projets parallèles – réunion vidéo avec mon équipe créative, call avec mes conseillers de rédaction pour mon blog, et hop, nouveaux tours de magie. (Merci à ma femme, Elina, d’accepter de regarder 150 fois le même tour. C’est une queen.)

Minuit : Je me couche. Enfin. Et vous vous en doutez : je m’endors direct.

Je crois que j’ai trouvé un bon équilibre entre le planning que je m’impose et mon temps libre. 

Ma ligne de conduite, concrètement, c’est : « 6h de sport, et après je fais ce que je veux. » 

Et vous, ça donne quoi vos journées ?

Until next time,

Gaël.

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